Album: Feutres et pastels

Les p’tits, ils sont petits de partout
Sauf de la partie du cou
Qu’ils redressent jusqu’au ciel


Les p’tits, ils fléchissent pas les genoux
Ils se hissent au garde-à-vous
S’épaississent les semelles

Les p’tits, vu leur panne d’altitude
Y s’développent des aptitudes
Artistiques et manuelles

Les p’tits, ils ont appris à faire rire
Pour arriver à séduire
Les plus grandes et les plus belles

Les p’tits quand ils honorent leur copine
Tout c’qu’y voient, c’est des narines
Souffler comme des réacteurs

Les p’tits, en plein milieu de l’Action
Ils n’embrassent que des mentons
Tous leurs membres sont inférieurs

Les p’tits, ils opèrent des grosses machines
Ils conduisent des pépines
Y se « jackent » sur des tracteur

Les p’tits, ils ont pas l’choix d’marcher vite
Sur trois pas, ils en trottent huit
Y faut qu’y s’lèvent de bonne heure

Les p’tits pour cacher qu’y sont poids plume
Y s’coiffent avec du volume>
Y portent des ch’mises à manches larges

Les p’tits, ils essaient d’être costauds
Y font comme Al Pacino
Ils s’inventent une voix grave

Les p’tits, quand y « checkent in » à l’hôtel
Ils choisissent dans l’gratte-ciel
Le plus perché des étages

Les p’tits, y en a certain qui s’résignent
D’autres qui d’viennent monteurs de ligne
Quitte à s’prendre une décharge

Les p’tits, quand ils deviennent célèbres
Y s’découvrent toujours un faible
Pour les mannequins longilignes

Les p’tits, ils paradent leur pétase
Comme un beau trophée de chasse
Sur l’capot d’une limousine

Les p’tits, quand ils résistent au pattern
Qu’ils arrivent à rester humbles
Sans qu’le complexe les mine

Les p’tits, ils finissent par être grands
Puis par être grands-parents
Grands-papas que l’on estime

Des « monsieurs » au regard France
Qui touch’ront au firmament
Même s’ils courbent l’échine

« Ouais, là j’vous entends penser. Vous vous dites : « Franchement, une chanson sur les p’tits, C’est un peu déplacé. Elle aurait bien pu en faire une sur les grands… ». Bon… OK »

Les grands, ils sont toujours en arrière
Sur leur photo du primaire
On n’leur voit qu’un bout de front

Les grands quand y jouent au basket
Y jouent à s’cogner la tête
Sur les poutres du plafond

Les grands, quand ils honorent leur copine
Tout c’qu’y voit, c’est une racine
Qui s’rait due pour sa teinture

Les grands, si y sont grands de partout
C’est pas dit qu’y sont pas moue
En-dessous de la ceinture

(Merci à Jonathan Forget pour cettes paroles)

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